Demain la déflation

Qu’est ce que la déflation?

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Déflation:  diminution générale et durable des prix

La déflation est une période caractérisée par une baisse des prix, des taux d’intérêt très bas, une absence de croissance économique. Il s’agit d’un période de destruction de valeur par la baisse des prix.

Derrière une apparente bonne nouvelle pour les consommateurs, la déflation est un mécanisme qui peut rapidement devenir un enfer pour une économie enchainée à la croissance. La déflation, et surtout l’anticipation de la déflation, peut devenir dangereuse pour la croissance et créer une véritable spirale déflationniste.

Face à une baisse des prix, les consommateurs retardent leurs achats et leurs investissements espérant payer toujours moins cher en attendant. Ce différé de consommation et d’investissement peut ainsi être à l’origine d’un ralentissement de la production, qui entraîne une baisse des emplois, puis une baisse des salaire, puis … une nouvelle baisse des prix … C’est le cercle vicieux de la spirale déflationniste.

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Depuis le début de 2012, l’inflation européenne glisse lentement mais surement en direction du territoire négatif : nous nous dirigeons vers la déflation.

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Pourquoi?

Il est intéressant de constater que, plus les pays européens ont pratiqué des politiques d’austérité, plus ces pays sont proches de la déflation (à l’exception de la Grèce qui y est déjà).  le surplus d’offre sur la demande dû à la mise en concurrence mondiale de tous les salariés en est aussi responsable;

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Sommes nous les seuls concernés?

Ce n’est pas qu’un problème européen ; l’Europe a un peu d’avance mais les Etats-Unis nous suivent de près.

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Les réactions des banques centrales:

Pour contrer ces mouvements qu’elles redoutent, les Banques Centrales américaines et européennes :

1.Baissent leurs taux directeurs (5/6/14: abaissement du taux directeur de la BCE au min historique de 0.15%), mais une baisse des taux conduit à reporter le problème à plus tard en l’aggravant.

2.Mise en place de taux des dépôts négatif (c’est-à-dire faire payer aux banques le droit de déposer de l’argent) afin de forcer les banques à prêter leurs fonds, même à des taux extrêmement faibles.

3.impriment de grandes quantités de monnaie qu’elles injectent sur les Marchés Financiers (mécanisme du Quantitative Easing aux USA et du LTRO en Europe).

  L’injection de liquidités accroît la quantité de monnaie en circulation dans l’économie, afin de tenter de refinancer les banques, relancer la consommation, l’inflation et l’investissement. Mais cet argent ne trouve jamais le chemin de l’économie réelle, il reste coincé dans les marchés financiers et alimente des bulle spéculative:

– Le Marché du Nasdaq, du Dow Jones, du Cac 40 flambent malgré la croissance faible

–Les prix de l’immobilier ont exagérément  gonflés. Cette hausse des actifs a eu un effet positif pour les gros patrimoine, mais ne nourrit pas l’économie réelle

Cette méthode provoque une chute de l’euro, mais sans soutenir l’économie réelle car ces nouvelles liquidités bancaires alimentent les actifs les plus rémunérateurs (car plus risqués), grossissant ainsi les bulles spéculatives déjà gigantesques (ainsi dopée, la bourse se porte t’elle mieux que l’économie réelle).

Cette méthode devient ainsi de moins en moins utile à l’économie. Un peu comme un drogué ressent de moins en moins d’effet de la drogue injectée, l’économie réagit de moins en moins aux injections de liquidités.

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Malgré ces mesures, nous observons une absence de croissance économique car l’économie reste anémiée par l’austérité généralisée et la concurrence globale de la mondialisation.

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Que va-t-il se passer?

Plusieurs scénarios possibles :

1.la déflation trop forte , entraîne un krach qui fera passer la crise de 2008 pour une légère turbulence.

2.scénario lent, à la japonaise, qui s’est traine 20 ans de déflation avec toutes les conséquences que cela a impliqué .

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Les actifs financiers, trop chers, baisseront alors très fortement et les Etats-Unis et l’Europe rentreront alors en déflation. on ne voit pas vraiment comment les politiques publiques néolibérales classiques pourront sortir les pays occidentaux de cette crise imminente.

Pour échapper au processus enclenché, la sortie de l’euro restera la solution la plus valable afin de briser la spirale de la déflation salariale et sociale

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Conséquences de la déflation

1.Thésaurisation ( report des achats en raison de la baisse des prix) L’épargnant devra avoir pour leitmotiv la protection absolue de son capital, avant même la valorisation de ce dernier.

2.Retrait des dépôts en raison des taux d’intérêt négatifs rendant les politiques monétaires inopérantes.

3.Dettes inremboursables, faillite des particuliers, des entreprises et des Etats

4.le pouvoir d’achat de la masse monétaire existante s’accroit faisant perdre de l’influence à l’émetteur de monnaie.

5.Les créanciers sont avantagés au détriment des emprunteurs, mais sont emportés par la faillite de ces derniers.

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Carrément mal barré

  • Ce qui sont endetté

Les prix baissent, les loyers baissent mais la mensualité du crédit reste identique. L’emprunteur se retrouve rapidement étranglé par son remboursement de crédit

  • Les entreprises et ceux qui possèdent des actions

La valeur des entreprises et des actions étant fonction de la capacité bénéficiaire d’une entreprise, faible croissance et baisse des prix de vente entraîne par le bas la profitabilité des entreprises.

De plus, les entreprises s’endettent pour soutenir leur croissance. Pour payer ces dettes , elles devront vendre toujours plus d’actifs. Mais le prix de ces actifs, déjà orienté à la baisse, baisse d’autant plus que tout le monde vend. Il faut alors vendre toujours plus, ce qui ne fait que diminuer toujours plus le prix de ces actifs. A la limite, les acteurs endettés ne parviennent jamais à récupérer assez d’argent pour payer leur dette, même une fois qu’ils ont vendu tous leurs actifs. C’est ce qu’Irving Fisher a appelé la « déflation par la dette ». Qui plus est, en période de déflation, les investisseurs recherchent à tout prix des liquidités… ce qui n’aide pas les vendeurs à trouver preneurs pour leurs actifs.

  • Ce qui possèdent de l’immobilier
  1. La déflation entraîne la baisse des loyers donc de la rentabilité et impacte la solvabilité des locataires.
  2. La déflation entraîne également la baisse des prix de construction des biens  et donc une baisse des prix de l’immobilier
  3. les acteurs économiques endettés voient leur dette augmenter. Et avec le boom des prix immobiliers, de nombreux ménages se sont lourdement endettés pour acheter. En cas de déflation ils risquent de vite déchanter devant le poids de leurs emprunts. Au risque de vendre… et d’alimenter un marché qui devra faire face à un afflux de biens. Les particuliers peuvent être d’autant plus enclins à vendre qu’il redoutent de voir la valeur de leur bien baisser drastiquement.
  • L’Etat

  tente de mettre la main à la poche pour relancer la croissance mais ses recettes diminuent mécaniquement avec la déflation (TVA…)

Un peu moins  mal barré

  • Ceux qui ont des revenus garantis fixe (emplois stable, fonction publique…)
  • Ceux qui ont de l’épargne en cash dans des banques où l’épargne est garantie par l’Etat (bien que les taux d’interêt soient ridicules, en cas de baisse des prix, l’argent liquide gagne de la valeur)
  • Ceux qui possèdent des métaux précieux
  • Ceux qui possèdent des obligations d’Etat réputés (très) sûrs.
  • Les propriétaires de leur résidence principale (sans emprunt), même si elle perdra une bonne partie de sa valeur pendant la crise, ça peut toujours être utile pendant une période difficile d’avoir son « chez soi ».
  • Les  locataires, sans dettes, attendent le point bas de la crise pour acheter leur logement

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L’histoire récente à connut des déflations sectorielle, l’économie générale étant alors soutenue par d’autres secteurs d’activités.

  • 1450 : les métaux précieux, étalons des monnaies de l’époque, viennent à manquer au moment où de l’engouement pour les épices d’Asie qui provoque une sortie d’or. La valeur relative des marchandises diminue donc  elles ne se vendent plus. Entre 1400 et 1500, les prix en Europe baissent de 25 à 50 %.
  • 1819-1821 au Royaume-Uni : le gouvernement britannique après le coût des guerres napoléoniennes décide de revenir à l’étalon-or en 4 ans. L’offre de monnaie est réduite de 17%, provoquant une importante chute des prix, jusqu’à 63%.
  • 1839-1843 aux États-Unis : les états du Sud (producteurs de coton) s’endettent auprès des banques. De plus, celles-ci spéculent sur le prix du coton (générant une bulle). En 1839, le Royaume-Uni, leur principal débouché, réduit ses importations, provoquant un effondrement des cours. Les banques suspendent les paiements puis vont faire faillite. La déflation s’installe alors dans le pays, avec des prix baissant de 40 % en 4 ans.
  • 1873-1896 dans les pays industrialisé :  Décalage entre une croissance limitée de la masse monétaire indexée sur l’étalon-or et une forte croissance de la productivité (stimulée par deux chocs technologiques majeurs : la diffusion de l’énergie électrique et la révolution des transports).
  • 1929 la Grande Dépression : effondrement de la bulle spéculative des actifs boursiers. Entre décembre 1929et mars 1933, les prix ont baissé de 27 % aux États-Unis, effondrement de la demande, de l’activité (emploi baissa de 16 %), des salaires (plus de 40 %), créant dans le pays une situation sociale dramatique.
  • 1976: accords de Jamaïque. Les banques centrales s’engagent à employer tout les moyens (désindexation de la monnaie de l’or, FMI, taux de changes variables) pour éviter les déflations.
  • 1999 en Argentine.
  • 1990 et 2000 au Japon, la bulle spéculative japonaise explose en 1991 provoquant un krach boursier et immobilier. (chômage, chute des investissements, de la production, de la consommation).
  • 2008-2009 en Irlande : faillite des banques (emportées par la crise financière) et la bulle immobilière éclate. baisse des salaires, réduction des prestations sociales,baisse de l’activité économique et chute des prix pendant 18 mois.
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