Histoire – Culture

Eh bien ! oui, c’est mon vice.
Déplaire est mon plaisir. J’aime qu’on me haïsse.

Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, , acte II, scène 8

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CYRANO, [est secoué d’un grand frisson et se lève brusquement.]
Pas là ! non ! pas dans ce fauteuil !
[On veut s’élancer vers lui.]
Ne me soutenez pas ! Personne !
[Il va s’adosser à l’arbre.]
Rien que l’arbre !
[Silence.]
Elle vient. Je me sens déjà botté de marbre,
Ganté de plomb !
[Il se raidit.]
Oh ! mais !… puisqu’elle est en chemin,
Je l’attendrai debout,
[Il tire l’épée.]
et l’épée à la main !

LE BRET
Cyrano !

ROXANE, [défaillante]
Cyrano !

[Tous reculent épouvantés.]

CYRANO
Je crois qu’elle regarde…
Qu’elle ose regarder mon nez, cette Camarde !
Il lève son épée.
Que dites-vous ?… C’est inutile ?… Je le sais !
Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès !
Non ! non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile !
Qu’est-ce que c’est que tous ceux-là !- Vous êtes mille ?
Ah ! je vous reconnais, tous mes vieux ennemis !
Le Mensonge ?
[Il frappe de son épée le vide.]
Tiens, tiens ! -Ha ! ha ! les Compromis,
Les Préjugés, les Lâchetés !…
[Il frappe.]
Que je pactise ?
Jamais, jamais ! -Ah ! te voilà, toi, la Sottise !
Je sais bien qu’à la fin vous me mettrez à bas ;
N’importe : je me bats ! je me bats ! je me bats !
[Il fait des moulinets immenses et s’arrête haletant.]
Oui, vous m’arrachez tout, le laurier et la rose !
Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose
Que j’emporte, et ce soir, quand j’entrerai chez Dieu,
Mon salut balaiera largement le seuil bleu,
Quelque chose que sans un pli, sans une tache,
J’emporte malgré vous,
[Il s’élance l’épée haute.]
et c’est…
[L’épée s’échappe de ses mains, il chancelle, tombe dans les bras de Le Bret et de Ragueneau.]

ROXANE, [se penchant sur lui et lui baisant le front]
C’est ?…

CYRANO, [rouvre les yeux, la reconnaît et dit en souriant]
Mon panache.

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Cyrano de Bergerac : Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce ?
Un serment fait d’un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,
Un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer ;
C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d’un peu se respirer le cœur,
Et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme !

Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, acte III, scène 10

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Cyrano de Bergerac : Et voilà que je suis tué dans une embûche,
Par-derrière, par un laquais, d’un coup de bûche !
C’est très bien. J’aurai tout manqué, même ma mort.

Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, acte V, scène 5

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“Ah ! que pour ton bonheur je donnerais le mien – Quand même tu devrais n’en savoir jamais rien – S’il se pouvait, parfois, que de loin j’entendisse – Rire un peu le bonheur né de mon sacrifice !”
Cyrano de Bergerac ―Edmond Rostand

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«C’est une folie d’haïr toutes les roses parce que une épine vous a piqué, d’abandonner tous les rêves parce que l’un d’entre eux ne s’est pas réalisé, De renoncer à toutes les tentatives parce qu’on a échoué…
C ‘est une folie de condamner toutes les amitiés parce qu’une vous a trahi, de ne croire plus en l’amour juste parce qu’un d’entre eux a été infidèle, de jeter toutes les chances d’être heureux juste parce que quelque chose n’est pas aller dans la bonne direction.
Il y aura toujours une autre occasion, un autre ami, un autre amour, une force nouvelle.
Pour chaque fin il y a toujours un nouveau départ…»

Antoine de Saint-Exupéry

« C’est par un soir de fin d’hiver à la veille de nos fiançailles
que je partis avec mes frères et me jetai dans la bataille
mon cœur saignait de te quitter mais secrète fut ma douleur
je jouais le brave et je laissais de tes doux yeux couler mes pleurs!

Depuis dix mois que je combats, dans la pluie le vent la froidure,
à chaque instant je pense à toi dans cet enfer qui dure dure
et je te couvre oh ma prière, chaque soir de mes plus doux mots
et je presse le scapulaire que tu cousus sur mon paletot!

Lorsque la nuit se fait trop noire, lorsque j’entends au loin les loups,
lorsque me prend le désespoir, que mon front tombe sur mes genoux
Je te contemple oh bien aimée tirant le fil de coton rouge
et donner forme au cœur sacré mouillé des larmes de tes joues!

Entre tes doigts qui vont et viennent traversant l’étoffe de lin
renaît autant qu’il m’en souvienne, ta douce voix de séraphin.
Je me repais de tes je t’aime dont j’ai tant besoin maintenant
Ton scapulaire est mon emblème, il est victoire des amants!

Mais il faut qu’enfin je te dise
Hier matin dans le hallier, soudain rougissant ma chemise un coup de feu m’a terrassé
Et je t’écris de ma litière où j’ai reçu les sacrements après le trou à mon scapulaire à tes pleurs j’ai mêlé mon sang!

J’ai ton amour comme viatique, ton scapulaire comme oriflamme, j’ai tes plaintes comme cantique.

DIEU QUE JE T’AIME A FENDRE L’AME!!!!!! »

Frères Martineau

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